Pourquoi fait-on la tête au carré à quelqu’un, se met-on sur son 31 ou déclare-t-on « échec et mat » à la fin d’une partie d’échecs ? Voici un best of des expressions couramment utilisées en français mais dont peu de gens connaissent l’origine. Vous allez pouvoir vous la ramener en soirée !
1/ Se mettre sur son 31
Certains prétendent que « se mettre sur son trente-et-un » signifierait revêtir un bel habit à l’origine fabriqué avec le fameux trentain, tissu particulier, composé de trente centaines de fils. D’autres évoquent un jeu de cartes dont le chiffre 31 était le numéro gagnant. Quant aux troisièmes, ils prétendent qu’il s’agit tout simplement de la largeur, exprimée en pouces, de certaines pièces de tissu rares.

2/ Echec et mat
Faire « échec et mat », comme tous les passionnés de jeux le savent, c’est bloquer le roi et terminer une partie d’échecs. L’expression trouverait son origine dans le persan « shah mat« , qui signifierait le roi est mort . D’ailleurs, les rois et les commandants d’armée ont longtemps employé l’expression « être mat » pour signifier qu’ils avaient été vaincus dans une bataille. Vous ne gagnerez plus aux échecs de la même façon !

3/ Pendre la crémaillère
À l’époque médiévale, lorsqu’on achevait de bâtir une demeure, on recevait ses proches et autres personnes ayant participé à la construction pour dîner, afin de les remercier. À cette époque, on cuisinait les plats dans une large marmite, placée dans l’âtre de la cheminée. Pour faire cuire plus ou moins fort la nourriture contenue dans le récipient, il était coutume d’utiliser une crémaillère, large barre de métal crantée dotée d’un crochet, permettant de suspendre la marmite au-dessus du feu. La crémaillère était le dernier objet à être installée dans la maison une fois achevée, et signifiait que le banquet pouvait débuter.
4/ Tomber dans les pommes
Certaines sources avancent que l’expression devrait son existence à une déformation linguistique, dérivée d’une expression moyenâgeuse : « tomber dans les pâmes ». Le mot « pâme » serait issu de l’ancien français « se pâmer », signifiant perdre connaissance, mais disparu à ce jour. L’expression « tomber en pâmoison » est au contraire elle, toujours au goût du jour, jouissant de la même signification. « Pâme » aurait été ensuite été transformé en « pomme » par un abus de langage. D’autres sources affirment que l’expression viendrait d’une tournure que l’écrivain George Sand aurait employée dans une lettre dans laquelle elle écrit « être dans les pommes cuites » pour signifier qu’elle est dans un état de fatigue avancé.

5/ Dernier carat
Beaucoup de gens utilisent cette expression pour exprimer une notion temporelle (dans le sens de « dernier délai »). Cela est loin d’être faux, mais son origine lointaine exprimerait avant tout la notion de perfection. Sachant que le nombre de carats indique le degré de pureté du métal utilisé, de l’or à 24 carats serait alors parfaitement pur. Dès le Moyen Âge, l’expression « atteindre le dernier carat » était utilisée pour désigner la perfection ou l’absolu.

6/ Mettre le couvert
A l’époque médiévale, lors des banquets, seuls les seigneurs avaient le privilège de déguster leur festin de roi dans un plat individuel, les convives se contentant de manger dans le même plat. Pour parer à l’éventualité d’un empoisonnement, civilité très courante à l’époque, on couvrait tous les plats et breuvages des personnes de haut rang avant de les servir à table, les présentant « à couvert ». La cloche en argent des restaurants gastronomiques aurait-elle quelque chose à voir là-dedans ?

7/ Porter un toast
En ancien français, le mot « toste » désignait une tranche de pain grillé que l’on trempait dans du vin. Aux alentours des années 1700, on disait que l’on « toastait une dame » lorsque l’on buvait à sa santé, en son honneur. Par extension, l’expression « porter un toste » s’est appliquée aussi bien aux hommes qu’aux femmes.
8/ Avoir le blues
Le blues, c’est d’abord une musique afro-américaine, porteuse de tristesse et de nostalgie, héritage musical du peuple noir à l’époque de l’esclavage, qui chantait pour oublier. L’expression « avoir le blues » viendrait de la contraction de « to have the blue devils » (« avoir les diables bleus ») qui signifiait « avoir le cafard ».

9/ Etre soupe au lait
Une soupe au lait, c’est une spécialité culinaire un peu oubliée de nos fourneaux modernes, dont la recette consiste à faire bouillir du lait avec des oignons, du pain et du beurre. Mais pourquoi diable qualifier une personne impulsive de la sorte ? Vous ne voyez pas le rapport avec le produit laitier ? Cette expression est dérivée de « monter comme une soupe au lait« , utilisée au XIXème siècle. Le lait ayant la particularité de bouillir très rapidement et de redescendre très vite une fois retiré du feu, vous comprendrez le rapprochement.

10/ Comme un coq en pâte
Au 17e siècle, le coq était transporté avec d’énormes précautions, pour ne pas risquer d’endommager la chair tendre qui allait se déguster au souper… L’expression « Être comme un coq en pâte » ou « Heureux comme un coq en pâte » ferait référence à un coq enfermé dans une cage, à qui l’on offre du pâté à volonté pour l’engraisser, ou bien à un coq cuit renfermé dans une pâte ou un pâté, dont seule la tête domine de la croûte. Le dictionnaire de Trévoux de 1771 compare ce coq à un homme gâté, bien au chaud dans son lit, ne montrant que la tête, se faisant servir à sa guise tel un souverain.


