Ils ont des chapeaux ronds, vive la Bretagne, ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons. Si vous vous en tenez à ce refrain, tout ira bien.
Les Bretons sont fiers, entêtés, rustres, alcooliques ou privilégiés, vous pouvez bien dire ce que vous voulez, vous ne leur enlèverez pas leur culture si singulière, leur chauvinisme porté à l’extrême et leur sympathie coutumière. Mais pour rester dans leur coeur si vous vous rendez au pays des crêpes, évitez les phrases de la liste suivante. Même s’ils n’ont pas hérité de la susceptibilité corse, on ne sait jamais ce qui pourrait vous arriver…
1/ « Je connais un peu la musique bretonne, d’ailleurs, j’adore Nolwenn Leroy et Manau »
Comment dire… Ces deux-là ne sont pas plus bretons votre interlocuteur parisien est corse. Pour info, Nolwenn Leroy a bel et bien des origines bretonnes, mais a presque toujours vécu à Paris, dans l’Allier ou dans le Nord, au gré des déménagements familiaux. On la pardonne. Le groupe Manau, en revanche, n’a rien de breton si ce n’est l’inspiration. Martial Tricoche est né à Saint-Denis, tout comme son acolyte Cédric Soubiron. Peu importe l’origine finalement, tout le monde a droit de faire de la musique bretonne après tout. Le truc, c’est que les puristes risquent de vous rire au nez si vous leur faites croire que vous vous y connaissez.
2/ « Les crêpes, c’est un peu les pizzas bretonnes »
Heu, non, rien à voir en fait… Évitez cette inutile comparaison.
3/ « Breton, Normand, c’est pareil non ? »
Attendez à vous voir jeter par-dessus bord pour cette réplique diffamatoire !
4/ « Tu peux me commander une crêpe salée ? »
Si vous ne vous êtes pas renseigné avant de mettre les pieds dans une crêperie bretonne, on ne dit pas une crêpe salée, mais une galette. Blé noir ou sarrasin, ça par contre, c’est pareil.
5/ « Ça sert à quoi d’avoir la mer si vous ne pouvez jamais vous baigner ? »
Qui a dit que votre interlocuteur celte ne pouvait pas se baigner ? Ne prenez pas votre cas pour une généralité.
6/ « Ah, mais tu es breton(e), je comprends mieux pourquoi tu es alcoolique »
No comment.

7/ « Dommage pour le Mont-Saint-Michel »
Sauf que ce que vous ne savez pas, c’est que la merveille d’architecture a glissé de terrain plusieurs fois au cours des siècles, une fois en Bretagne, une autre en Normandie. Et vice versa. Si aujourd’hui le Mont Saint-Michel est considéré érigé en sol normand, dans quelques années, il en sera peut-être autrement !
8/ « Il fait beau combien de fois par jour, chez vous ? »
Attention aux allusions météorologiques, votre interlocuteur pourrait vous rétorquer une phrase bien vache, du genre : « chez nous, il pleut que sur les cons »…
9/ « Ah, mais moi aussi je suis Breton ! Enfin, mon arrière-arrière-grand-mère »
Mais quand on vous demande de quel coin en Bretagne, vous répondez « Caen ». Attention, vous êtes dans le rouge. Et si vous ajoutez que vous avez toujours habité à Paris et que vous n’y avez jamais mis les pieds, votre situation risque de s’empirer. Heureusement, un verre plus tard et on ne vous en tiendra pas rigueur.
10/ « Ça sert à quoi de parler breton si personne ne le parle ? »
À s’ouvrir l’esprit, renouer avec ses cultures ancestrales, faire revivre une langue provinciale et la diversité française par la même occasion… ou juste parce qu’on s’emmerde devant notre galette de blé noir à ruminer devant la pluie qui ne cesse de tomber (sur les cons). C’est ça que vous vouliez entendre ?
11/ « Le beurre salé, mon dieu, mais quelle horreur ! »
Mieux vaut garder ça pour vous. Et puis, on ne parle pas avant d’y avoir goûté. Parce que pour un Breton pur souche, rien de plus fade que du beurre doux.
12/ « Vos autoroutes sont pourries »
Oui, mais au moins, on ne les paye pas !
Précisons que cet article a été rédigé par une Bretonne pur beurre.
