Le besoin d’énergie amène à faire de douloureux sacrifices… quand il n’occasionne pas d’épouvantables accidents. La création de barrages va ainsi de pair avec l’établissement de larges réservoirs d’eau. Ces lacs artificiels recouvrent alors des vallées qui se trouvent être habitées. Il demeure ensuite uniquement leurs vestiges qui parfois émergent de la surface. Dans cette liste, on vous emmène à la rencontre de ces localités submergées dans un tour d’Europe et au-delà.

1/ Krokhino (Russie)

Les mauvais calculs arrivent, mais quand des villages entiers se trouvent engloutis sous les eaux, ils deviennent tragiques. En 1961, le réservoir de Sheksna fut rempli. Cependant, l’opération eut un effet inattendu… notamment pour les habitants Krokhino. Ils se retrouvèrent en effet sous l’eau après que la rivière voisine ait monté de cinq mètres ! Unique bâtiment construit en hauteur, l’église de la Nativité est son seul vestige qui demeure au sec.

2/ Vilarinho da Furna (Portugal)

Afin de remplir un réservoir pour un barrage en 1972, l’État portugais plongea sous les eaux le village de Vilarinho da Furna. Les 300 habitants prirent tout ce qu’ils purent, allant jusqu’à emporter les tuiles des toits. Une triste fin pour cette localité fondée durant de l’antiquité romaine. La communauté avait par ailleurs conservé une organisation héritée du temps des Wisigoths (IIIe-VIIIe siècle). Faisant le bonheur des touristes depuis, les ruines de Vilarinho da Furna réapparaissent à la surface quand le niveau du lac artificiel baisse suffisamment.

3/ Mediano (Espagne)

Sous le lac espagnol de barrage de Mediano se trouve le village du même nom englouti depuis 1973. Seul son clocher dépasse encore de l’eau. On peut s’aventurer aux abords de cet édifice datant du XVIe en plongée ou à pied quand le niveau du lac est assez bas.

4/ Mavrovo (Macédoine du Nord)

Créé en 1953, le lac artificiel macédonien de Mavrovo fait le plaisir des touristes avec ses activités aquatiques. Toutefois, à cause des sécheresses, son réel trésor est réapparu durant le XXIe siècle. Construite en 1857, l’église Saint-Nicolas de Movrovo est en effet sortie de l’eau. Depuis, l’édifice est colonisé par la flore qui s’échappe de la toiture en ruine.

5/ Kaliazine (Russie)

On déplaça plus haut ce que l’on put (et voulu aussi certainement) de Kaliazine. Le reste repose depuis 1939 sous le réservoir d’Ouglitch situé sur le cours supérieur de la Volga. La seule partie de la vieille ville qui demeure visible est le beffroi de l’église Saint-Nicolas. Le magnifique ouvrage sert encore durant des offices pour les chrétiens orthodoxes. On y accède en bateau ou chaussé de patins à glace l’hiver !

6/ Bezidu Nou (Roumanie)

De l’église catholique de Bezidu Nou, seul un morceau d’un muret demeure debout. Sa flèche s’effondra malheureusement en 2014 comme ultime symbole de la tragique histoire de ce village roumain submergé sous un lac de barrage en 1988. Avant que l’administration du dictateur Nicolae Ceaușescu décide de son immersion, la petite localité abritait une communauté religieuse vivant en paix et en harmonie. Il s’agit sans doute la plus triste des histoires de ces villages engloutis sous les eaux.

7/ San Romà de Sau (Espagne)

San Romà de Sau était déjà abandonné quand l’État espagnol créa le réservoir de Sau en 1963. Nul besoin donc d’évacuer ce petit village datant du Xe siècle. Il n’en reste qu’une église construite durant lu XIe dont le clocher semble flotter sur les flots. En temps de sécheresse, le bâtiment devient complètement visible et l’on peut même s’y rendre les pieds au sec !

8/ Graun (Italie)

Les 163 maisons de Graun disparurent en 1950 sous le lac de Resia utilisé comme réservoir pour un barrage. Heureusement, elles ont été reconstruites un peu plus haut, mais l’église est restée prisonnière des eaux, enfin, presque… En effet, le clocher sort fièrement de la surface tel un fabuleux phare. Récemment rénové, il fait le bonheur des touristes en hiver quand la glace permet de s’y rendre en patin.